Quelques notions d'héraldique...

L’héraldique

L’héraldique est un ancien concept, portant notamment sur la symbolisation des valeurs morales au travers différentes formes et représentations. De son caractère abstrait, son véritable signification échappe à beaucoup.

Qu’est-ce que l’héraldique ?

  • Définition
Le terme "héraldique" peut avoir plusieurs définitions :
Le terme est tiré originellement du latin heraldicus, portant sur le héraut (heraldus) qui désigne le messager ou l’annonciateur. Dans le cadre d’un adjectif, le mot héraldique signifie relatif aux armoiries ou aux blasons. Le mot en substantif signifie la science des blasons ou, autrement dit, l’étude des armes ou armoiries. Mais on définit aussi l’héraldique comme un des éléments du droit médiéval et du droit de l’Ancien Régime.
Il est à noter que les éléments décoratifs des blasons doivent être codifiés et héréditaires pour mériter le qualificatif d’héraldique. L’héraldique est donc également un système emblématique des familles, notamment les nobles. Ces emblèmes (signes distinctifs) sont transmis de génération en génération, d’où le mot héréditaire.
  • Historique
L’héraldique a débuté au moyen âge où le concept est né de la chevalerie.
Guillaume Le Conquérant, lors de la bataille d’Hasting en 1066, ne fut pas reconnu par les hommes de sa troupe. Les guerriers de l’époque, devant se vêtir entière de leur armure jusqu’à leur visage, se reconnaissaient mal, surtout lors des assauts et des affrontements. Pour se faire reconnaitre par ses hommes, inquiets de sa disparition et le croyant mort, Guillaume Le Conquérant fut donc obligé de retirer son heaume pour dévoiler son visage à ses compatriotes.
Dans tous les cas, cette anecdote illustre la naissance des idées de signes de ralliement et des symboles communs entre les combattants, une stratégie pour mieux reconnaître ses compagnons mais également pour mieux discerner ses adversaires.
Avec l’évolution de l’héraldique, on a pensé à codifier ces signes au XIIe siècle, époque où l’esprit héraldique a vraiment commencé à se développer.
Le concept s’est ensuite étendu dans plusieurs catégories collectives de la société : les clercs, les nobles, les paysans, les communautés religieuses et non religieuses, les femmes, et par la suite, les corporations de métiers, les villes, les régions et même les pays. C’est à travers ce développement que l’esprit de l’héraldique fut finalement adopté dans toute l’Europe.
Le XIIe et le XIIIe siècle constituent la base de l’héraldique. Les familles nobles l’utilisèrent de plus en plus pour devenir définitivement un élément privilégié pour le symbolisme familial.
C’est à partir du XIVe siècle que l’on a noté une certaine stagnation de l’héraldique. Ce n’est qu’au XVIIe siècle que l’héraldique a regagné de sa popularité. Elle s’organise de plus en plus. À nos jours, les emblèmes familiaux, communautaires ou municipaux sont bien fixés et reconnus.
  • Le vocabulaire de l’héraldique
Le vocabulaire héraldique convient indissociablement avec celui des blasons puisque le terme se définit par la science des blasons.
Au début, le vocabulaire héraldique ne se distinguait pas beaucoup du langage ordinaire. On notait peu de termes ou de tournures spécifiques. Puis, progressivement, le langage héraldique est devenu de plus en plus spécialisé, technique, précis et rigoureux.
Actuellement, il faut bien savoir manipuler les termes héraldiques pour ne pas faire de confusions entre les différents mots, ses dérivés et tournures. Le texte sur les blasons en mentionne quelques uns, mais il est possible de voir certains termes concernant le blasonnement (autre terme héraldique signifiant description des armoiries).
Il faut savoir que les armes en héraldique sont constituées par l’ensemble des signes distinctifs d’un individu ou une famille, etc.
On peut parler de plusieurs sortes d’héraldiques :

  • D’abord militaire, réservée aux chefs de guerre et aux chevaliers.
  • L’héraldique féminine, évoquant l’autorité des femmes qui prenaient le commandement ou la régence lorsque les hommes partaient pour les champs de bataille.
  • Universitaire. Les étudiants des différentes universités, surtout les plus célèbres, se reconnaissent par leurs emblèmes (Oxford, Sorbonne, Cambridge, et plus tard Harvard, etc.)
  • Corporative. Il existe des armoiries pour chaque corporation de métiers : les artisans, les avocats, les médecins, etc.
  • Municipale. Certaines villes ou certains bourgs signaient « la charte de franchise » pour s’affranchir de leur vassalité vis-à-vis des seigneurs.
  • Ecclésiastique. Par exemple, nous savons que le pape a son emblème.
  • Province. Les familles et les seigneurs ont leurs armoiries.
  • L’héraldique d’Empire, qui distingue l’époque Napoléonienne.
  • La flore héraldique
La faune et la flore interviennent également dans les figures héraldiques, particulièrement les végétaux. La flore, bien qu’elle soit moins utilisée et apparue bien plus tard que la faune en héraldique, existe pourtant notamment dans les armoiries paysannes.
Généralement, la flore héraldique emploie les arbres et les fleurs, et plus rarement les légumes. Les arbres sont représentés par leurs feuilles ou leurs fruits, habituellement de manière séparée. Les représentations de fleurs sont inspirées par des motifs d’ornementations très anciens.
La plus connue de ces fleurs est surtout la fleur de lys, qui est représentée plus ou moins de manière simple. C’est également une représentation très ancienne. On dit qu’elle a déjà existé dans sa forme héraldique sur les bas-reliefs assyriens datant de 3000 ans avant J.C ! Il existe plusieurs variantes dont certains sont différentes de la fleur réelle.
Le trèfle, à trois, quatre ou même à cinq feuilles est la figure la plus simple. Vient ensuite la rose à cinq pétales. Ici encore, la représentation n’est pas fidèle à l’apparence véritable, mais fait de la rose héraldique une fleur plus proche de l’églantine.
Par ailleurs, il existe le nénuphar. Pour les arbres, on rencontre aussi l’olivier, le chêne, le créquier, le cep de vigne, l’arbre sec … D’autres plantes sont rentrées dans la même catégorie, mais n’ont été adoptées que rarement dans ces différentes représentations.
Les feuilles ou les fruits : les feuilles de lierre, les feuilles de tilleul, les feuilles de laurier, les écots, les pommes de pin, les glands.
La liste de ces figures peut encore s’allonger, mais celles précitées sont les plus connues et les plus célèbres.
L’héraldique est très codifié et il prône des règles à respecter, surtout pour ceux qui aspirent à créer de nouveaux blasons ou des armoiries.
  • Les règles héraldiques en exemple
Pour les émaux : on connaît « la règle de la contrariété des émaux », c’est-à-dire : qui évite de mettre métal sur métal (or sur argent ou argent sur or), ou couleur sur couleur, (cf. les codes de couleurs pour les blasons) à l’exception des fourrures où la règle n’est pas obligatoire.
A titre d’exemple, il est interdit de mettre une croix de gueules sur un champ de sable ou un lion or sur un champ argent. Mais on peut tout à fait disposer d’une fourrure émaux sur émaux. Parmi ces fourrures, on citera l’hermine, le vair, la contre-hermine ou encore le contre-vair.
Pour les partitions : Soit un écu plain (uni), sans partition, d’un même émail (couleur), soit un écu divisé en plusieurs partitions de différents émaux. Ces partitions sont séparées par des lignes appelées « traits de partition ». Elles peuvent être courbes, vivrées, enflammées, ondées, dentelées, etc. Mais cette règle limite à neuf traits au maximum.
Les cas particuliers de partitions : il existe deux partitions spécifiques, les tiercés et les mi-partitions :

  • Les tiercés : ce sont les écus divisés en trois parties. Les noms diffèrent selon l’orientation du trait de partition. Pour un trait horizontal, c’est un tiercé en fasce. Les traits verticaux sont appelés tiercé en pal. Le tiercé est en chevron quand la pointe du chevron se situe en haut et chevron inversé quand la pointe de celui-ci se situe en bas, etc.
  • Les mi-partitions : si dans un écu, la ligne de partition est combinée avec la moitié d’une autre, il est appelé mi-partition. Il y a également le parti mi-coupé, le parti mi-coupé à senestre, le mi-parti coupé et le coupé mi-coupé.

Les pièces honorables : on appelle pièces honorables des écus comportant seulement une représentation de figure géométrique. Les pièces honorables sont les premiers emblèmes héraldiques. Les chevaliers s’inspiraient simplement de la conception de l’écu.

  • Les symboliques des figures héraldiques
Les figures héraldiques ou meubles ont cinq principales catégories avec leurs variantes :
Les animaux : le lion symbolise la majesté et la force. C’était le plus utilisé des chevaliers. L’aigle représente la patience et la persévérance ; pour les animaux fabuleux ou d’inspiration biblique ou religieuse, on voit l’agneau pascal par exemple, symbole de la rédemption et de l’amour divin ; les aigles mi-griffons, symboles du discernement, le dragon qui symbolise le courage et l’invincibilité, etc.
Les fleurs : la fleur de lys symbolise le royaume de France. La rose, c’est la beauté et l’amour.
Le corps humain : très rarement représenté, exception faite des saints sur les blasons des villes, car ils sont censés être les protecteurs de ces villes.
Les figures artificielles : Ce sont les objets fabriqués par l’homme. La plus rencontrée est la croix surtout dans les régions méditerranéennes, où le catholicisme est la religion la plus suivie.
L’héraldique est une discipline historique à part entière et nécessite une étude approfondie.

 

Vocabulaire du blason

Le vocabulaire utilisé pour les blasons est spécifique. Le terme générique pour désigner les couleurs héraldiques est l’émail. Les trois catégories de couleurs sont les émaux, les métaux et les fourrures.
Les couleurs sont :

  • Azur (bleu) ;
  • Gueules (rouge - toujours écrit au pluriel avec un « s ») ;
  • Sable (noir) ;
  • Sinople (vert) ;
  • Pourpre ;
  • Tanné (orange foncé) ;
  • Orange ;
  • Carnation (couleur chair) ;
  • Cendré (gris).

Les métaux sont :

  • Or pour qualifier le jaune ;
  • Argent pour le blanc.

Les fourrures sont :

  • Hermine ;
  • Contre-hermine ;
  • Vaire ;
  • Contre-vair.

L’écu représente le bouclier décoré. La surface de l’écu sur laquelle les figures sont représentées est appelée champ. Les différents motifs qui sont sur le champ sont désignés par le nom générique de figures.

On appelle fourrure la combinaison d’émaux utilisée pour les fourrures des riches vêtements.

Une pièce est une figure géométrique mise sur le champ de l’écu. Il existe un code pour la désignation de chaque position de ces figures. On a par exemple le Fasce, la croix, le pal, le chevron, etc.

Les traits de partition sont les lignes qui servent à déterminer les pièces et les partitions. Les meubles : c’est encore un terme générique que l’on donne aux figures autres que les pièces et les partitions. Si l’écu du blason est uni et n’a pas de division, on dit qu’il est plain. Par exemple, s’il est jaune uni, il est d’or plain.

Les divisions sont appelées partitions. Prenons l’exemple d’un écu ayant deux partitions: l’une à droite (appelé de l’adjectif un peu suranné dextre) de gueules et l’autre à gauche (appelé senestre). La piècequi va d’un champ sur un autre est appelée Brochante. La Brochante de sable est partie de l’or et va vers gueules. Cela veut dire qu’une barre noire va de la partie jaune vers la partie rouge. Si l’écu a plusieurs partitions, pour le décrire, il faut toujours commencer par la partition la plus à droite (dextre) et la plus élevée.

Symboliques de quelques couleurs

Tous ces émaux et métaux peuvent avoir une ou plusieurs significations symboliques.

Pour les métaux :

  • Le jaune ou or. C’est le soleil, avec la topaze comme pierre précieuse, symbole de l’intelligence, du prestige, de la grandeur, de la vertu, du jugement. Typographiquement, c’est une surface pointillée.
  • Le blanc ou argent : représente la lune. La pierre précieuse est la perle. C’est la symbolique de la sagesse, de la droiture, de la netteté, de la franchise. Pour le traiter typographiquement, on laisse la surface en blanc.

En ce qui concerne les émaux :

  • Le gueules ou rouge. C’est la planète mars, le rubis en pierre précieuse. Symbolise l’amour, la charité, le patriotisme, la victoire, l’ardeur. Pour le traitement typographique, on fait des traits verticaux.
  • L’azur ou bleu, sa planète est Jupiter, sa pierre précieuse est le saphir, c’est le symbole de la persévérance et de la fidélité. Typographiquement, on le représente par des traits horizontaux.
  • Le sable ou noir. La planète est Saturne, le diamant est la pierre précieuse. Il symbolise la tristesse mais aussi la volonté farouche. En typographie, on le représente par des traits verticaux et horizontaux entrecroisés.
  • Le sinople ou vert. Correspond à la planète Vénus, à l’émeraude. C’est le symbole de la liberté, la joie, la beauté, l’espoir. En ce qui concerne le traitement typographique, on le représente avec des traits obliques descendant de la dextre du chevalier quand il porte l’écu, mais à senestre (à gauche) quand l’écu est placé en face de lui, en allant vers senestre.

Les figures les plus présentes sur les blasons

Sur les champs de bataille, les cavaliers choisissaient des figures animalières pour être les premières pièces de leur blason. Cela leur servait de signe de ralliement, car au Moyen Âge, dans le langage militaire, on utilisait les formes animales pour la représentation humaine. Le premier à être représenté sur les armoiries est le lion. On le peint entier, ou seulement la tête ; parfois il y en a plusieurs comme deux lions affrontés ou deux lions adossés. Le deuxième animal est l’aigle. Puis les léopards, la panthère, les brochets, ou encore le loup, le taureau, le sanglier, le bélier, le cerf, l’ours, le cheval, le chien, l’éléphant, le masque de léopard, une tête d’ours arrachée, ou une tête de loup arrachée, ou encore une tête de cheval arrachée. Il y a aussi la ramure de cerf ou la demi-ramure. Mais le fantastique était aussi présent dans les figures représentées, ainsi que les symboles religieux. On voit par exemple un lion dragonné, ou un léopard lionné, le dragon, l’amphiptère, le Basilic, l’amphisbène, le griffon, la licorne, la sirène, le phénix, la salamandre, le serpent, la guivre, les serpents en redorte, etc. Mais il y aussi l’agneau pascal. Les oiseaux et les poissons n’étaient pas en reste. À part l’aigle, il y a le coq, le cygne, l’aigle bicéphale, le pélican, l’autruche, la grue, le faucon, le perroquet, les merlettes, les alérions. On peut voir également la main d’aigle, le vol ou le demi-vol. Pour ce qui est des poissons, il y a le dauphin (peut-être symbolisant le dauphin futur roi ?) le dauphin couché, le bar, les bars adossés, la baleine, le chabot, les coquilles. Mais il n’y a pas que la faune, la flore est aussi représentée. La première fleur que tout le monde connait, c’est bien sûr la fleur de lis, qui est la fleur de la royauté en France. Si on cite quelques régions françaises métropolitaines, on voit que plusieurs d’entre elles ont sur leur blason des fleurs de lis. Pour la région Île-de-France, le champ est bleu avec trois fleurs de lis d’or. Mais il y a aussi la rose. Ces deux fleurs sont les plus fréquentes sur les armoiries. Et puis on remarque aussi les arbres, fruitiers ou non : le chêne, le sapin, le mélèze. À part la faune et la flore, d’autres figures existent aussi.
On citera l’exemple de la croix qui était le signe d’identification des Croisés lors de la croisade en Terre Sainte entre 1095 et 1099. Ces combattants devaient placer la croix sur leur habit, leur bouclier et leur heaume pour qu’on sache qu’ils étaient les Croisés chrétiens. Les croissants sont aussi représentés, ainsi que les étoiles, les épées, l’arc, la flèche, le cor.
Des monuments de pierre peuvent aussi être vus, ou des navires voguant sur la mer.
En revanche, on voit peu de représentations de corps humain.En général, ce seront des saints patrons qui seront figurés.
Les figures des blasons sont vraiment innombrables et déclinables à l’infini.

Le blason

Ce mot peut avoir plusieurs définitions. Il peut désigner l’ensemble des pièces qui constituent un écu héraldique ou peut parfois désigner plus généralement la science des armoiries.
Plus simplement, on pourrait définir le blason comme un symbole. C’est aussi la description des armoiries qui sont les emblèmes distinctifs d’une famille, d’une municipalité, d’une guilde ou encore d’une association.

L’origine du blason

On ne note aucune date précise concernant les premières apparitions du blason. On attribue usuellement ses origines à des anciens concepts militaires. Entre le XIe et le XIIe siècle, les tenues de guerre ont évolué et les cavaliers se revêtaient de plus en plus d’armures, cachant jusqu’à leurs visages ; seuls les casques laissent une petite fente pour offrir la vue aux guerriers. Afin de les identifier plus facilement lors des tournois ou des batailles, les cavaliers ont eu l’idée de dessiner sur leurs boucliers des figures qui seront leurs signes distinctifs. Les premiers blasons ont vu le jour au XIIe siècle, vers 1130.
Petit à petit, les familles nobles se sont approprié la culture du blason, qui représentait désormais des qualités morales telles que courage, justice, vaillance … etc. Plus tard, l’esprit gagne aussi les divisions administratives des pays.

Conclusion

Les emblèmes sont les signes distinctifs de certaines familles ou certaines collectivités, mais il existe des gens qui n’apprécient pas beaucoup le fait de garder ces blasons, disant qu’on n’est plus sous l’Ancien Régime et que donc, tout cela « fait juste partie du folklore » Sic !




Canton dextre du chef





Point du chef





Canton senestre du chef





Point du flanc dextre





Coeur ou abîme





Point du flanc senestre





Canton dextre de la pointe





Point de la pointe





Canton senestre de la pointe





En chef





En fasce





En pointe





Au flanc dextre





En pal





Au flanc senestre





En bande





En barre





En croix





En sautoir





En chevron





En chevron renversé





En pairle





En pairle renversé





En orle






 

 
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